La ministre française de la Transition écologique, Monique Barbut, le 27 février 2026 dans l'ouest de la France ( AFP / Loic VENANCE )
La France estime avoir réalisé des progrès importants au premier jour du G7 consacré à l'environnement à Paris, assumant de ne pas aborder la question climatique de front pour ne pas braquer des Etats-Unis qui se sont en retour montrés "coopératifs".
"On a sept textes à l'approbation et les sept vont être approuvés", s'est félicitée la ministre française de la Transition écologique, Monique Barbut, au terme d'une première journée de négociations du G7 environnement, qui s'achève vendredi.
Les Etats-Unis "sont très constructifs" et "ont été extrêmement coopératifs", a ajouté la ministre en marge d'une promenade avec ses homologues en forêt de Fontainebleau, près de Paris.
"La protection de l'environnement n'est plus la priorité internationale", avait-elle pourtant reconnu dans son discours d'ouverture, en présence de ministres des pays industrialisés de cette enceinte internationale et de représentants d'autres partenaires, comme les nations qui accueilleront cette année les prochaines COP sur la désertification (Mongolie) ou la biodiversité (Arménie).
Le Groupe des Sept (Canada, France, Allemagne, Italie, Japon, Royaume-Uni et Etats-Unis) "et ses partenaires ont une responsabilité particulière. Nous avons la capacité d'agir et d'envoyer un signal clair de notre détermination et de notre unité", a-t-elle plaidé, en ouverture de ce sommet de deux jours.
La France a mis au menu des discussions cinq priorités: "financer la protection de la biodiversité, préserver l'Océan, sécuriser les ressources en eau, souligner les liens entre désertification et sécurité et accroître la résilience de nos territoires comme de nos infrastructures face aux risques naturels".
- Ne pas froisser -
Des thèmes qui ont "tous un lien avec le réchauffement climatique", souligne Monique Barbut, tout en assumant de ne pas aborder cette question directement pour ne pas froisser les Etats-Unis.
"Si j'avais pris la question frontalement, il n'y avait pas de G7", a-t-elle estimé.
La question climatique n'est pas directement abordée, malgré la poursuite du réchauffement sur terre et dans les océans ( AFP / Damien MEYER )
Autre sujet tabou: la sortie des énergies fossiles, pourtant discutée dans la foulée lors d'une réunion inédite d'une cinquantaine de pays à Santa Marta, en Colombie (24-29 avril).
"Un G7 au rythme des Etats-Unis ne peut prétendre répondre aux crises du siècle s'il évacue le climat, ignore les inégalités de genre et s'enferme dans une vision énergétique de court terme", regrette auprès de l'AFP Gaïa Febvre, responsable des politiques internationales au Réseau Action Climat (RAC), qui regroupe de nombreuses ONG.
Le retour début 2025 à la Maison Blanche de Donald Trump, notoirement climatosceptique, a été suivi d'une série de pas en arrière en matière de protection du climat, de son retrait de l'Accord de Paris au détricotage de nombreuses normes environnementales au sein de la première économie mondiale.
Symbole du peu d'intérêt porté par les Etats-Unis à ce G7, sa représentante est Usha-Maria Turner, l'administratrice adjointe chargée des Affaires internationales et tribales à l'Agence américaine de protection de l'environnement, un poste de direction de second rang.
- 600 millions pour l'Afrique -
La France espérait toutefois séduire l'administration Trump comme ses autres partenaires avec son "alliance pour le financement de la nature et des peuples", une initiative destinée à encourager le financement public et privé pour la protection de la biodiversité.
Avec une première concrétisation prévue d'ici le sommet du G7 d'Evian en juin: "je pense que nous aurons conclu une discussion sur un programme qui va être autour de 600 millions d’euros, sur l'Afrique, sur 22 pays, 144 aires protégées", a indiqué Monique Barbut jeudi soir.
Des sessions sur les océans ont pour objectif de lancer une alliance des aires marines protégées ( AFP / Mladen ANTONOV )
Sur cette somme, 400 millions proviendraient de fondations philanthropiques, dont la moitié du seul Rob Walton, héritier du géant américain de la distribution Walmart.
"Nous ne pouvons que nous réjouir que le sujet du financement de la biodiversité se soit fait une place dans les discussions", mais "ces financements doivent être additionnels et ne doivent pas compenser un désengagement parallèle des Etats, et notamment de la France", juge Jean Burkard, directeur du plaidoyer au WWF France.

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